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Je vous avoue.  J’ai un peu la chienne de réécrire.  À la manière de DJ Champion qui a attendu 32 ans avant de sortir son 2e album, j’ai peur que vous trouviez mes propos insipides et que vous me retiriez de votre RSS…  Mais ne vous en faites pas, contrairement à l’homme d’un succès, je vais continuer de me laver…

Demain, si vous êtes fins, un post sur les Oscars.  La face de Barbara Walters pourrait être un sujet en soi…

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Avant de débuter, je tiens à remercier de tout cœur tout les gens qui ont visité ce blogue et tous ceux qui m’ont envoyé des commentaires sur mon post précédent. Vous avez fait de moi une fille émue. Et de ma mère une femme comblée (et vaguement surpassée, j’ai eu peur qu’elle y reste!)

Elle m’a rappelé une phrase qu’elle disait souvent, alors que le stress s’emparait d’elle à la veille d’une compétition (on s’entend, d’envergure discutable… Du genre à laquelle participe beaucoup de gamines de 8 ans…)
«Je ne sais pas comment font les parents des patineurs rendus aux Olympiques. À chaque fois que tu embarques sur la glace, on dirait que mon cœur va me lâcher.»
Aussi triste que vrai…

Bon courage Joannie…

Merci Maman, je t’aime.

La mère de patineuse

De 5 à 15 ans, une seule activité a occupée mes matins, mes midis, mes soirs, mes week-ends, mes étés et mes semaines de relâche. Dans ma garde-robe, plus de lycra pailleté que de coton ouaté du Club des 100 watts, dans mes conversations, plus de double loop que de «As-tu écouté Chambre en ville hier?». Pendant 10 ans, j’ai entendu dans ma tête la superlative voix d’Alain Goldberg commenter mes moindres faits et gestes. Pendant le dixième d’un siècle, j’ai été une patineuse.
Et par osmose, ma mère a été pendant 10 ans une mère de patineuse (appelons-les MDP)
Pour les non initiés, la MDP est un personnage essentiel de la carrière de patineuse. Elle se doit, tel un propriétaire de bed & breakfast de région, d’être très polyvalente : chauffeur, coiffeuse, maquilleuse, nutritionniste (ma mère me préparait amoureusement de la crème Budwig à 5h30 du matin…), soigneuse, assistante-entraîneur et DOP de chaque performance. Surtout, surtout, être mère de patineuse, c’est consacrer du temps, tellement de temps, pour qu’une gamine de 10 ans enfile un léotard outrageusement décoré avec les yeux brillants et un rêve entre les deux oreilles. C’est porter avec elle ce rêve, au prix de sacrifices immenses.
J’ai des souvenirs très précieux de ce que fut ma mère alors qu’elle était une MDP. Dans son kit de MDP (tailleur de suède «tan» à coupe boléro et pantalon à pince), coiffée et maquillée avec soin (pour établir son pouvoir auprès des autres mères de patineuses je crois), ma mère était plus dévouée qu’un stagiaire dans une boîte de production télé. Apprendre à réaliser des tresses françaises sous adrénaline, se casser des ongles en tentant de rembobiner manuellement ma cassette audio à 3 minutes du début d’une compétition, refouler des larmes pour me consoler après une contre performance (tout en manœuvrant habilement pour que mon abusif mascara ne tache pas ma robe à 500$…)
J’ai surtout le souvenir précis de ma mère, assise sur mon lit, dans le noir, à 5h30 du matin en plein hiver, réchauffant jupette rose et collants beiges un à un afin que je puisse me réveiller en douceur et m’habiller au chaud sous les couvertures avant l’entraînement. Pour moi, c’est l’image même de l’amour et du dévouement maternel.
En voyant Joannie monter sur le podium ce soir, alors qu’elle recevait la consécration de son rêve, toutes les MDP étaient avec elle. Elles portaient toutes un morceau de ce rêve.
Et je suis certaine que ses collants étaient chauds. Sa mère, quelque part, y avait sûrement veillé.

Ma mère dans son rôle de MDP

J’adore, que dis-je, je RAFFOLE des épreuves olympiques de patinage artistique, je n’en dors plus la nuit, j’enfile secrètement mes collants beiges qui-vont-par-dessus-les-patins et me balade dans la maison en protège-lames.

Je réfléchis depuis quelques jours à toute la polémique entourant la démesure des costumes des patineurs cette année.  Est-ce la faute au système de pointage révisé ou à l’inspirante Lady Gaga?

Je suis plutôt d’accord avec l’ancien champion olympique David Pelletier, qui dénonce les abus vestimentaires des athlètes au détriment de la discipline proprement dite.  La patinage est un sport hautement technique, et sa beauté réside justement dans l’alliance de la puissance athlétique et du souci esthétique. Les épreuves de style libre se doivent de repousser les limites, de présenter des sauts toujours plus difficiles, des combinaisons toujours plus risquées.  Les quads d’Elvis-le-trapu et Un-break my heart de Toni Braxton, c’était la même année, on s’en souvient?  Pourquoi 13 ans plus tard, les hommes ont troqué la combinaison quadriple flip-triple loop pour la combinaison corsetée en dentelle?

La grille accorde désormais beaucoup d’importance aux transitions, jeux de pieds et enchaînements d’arabesques.  Genre de chose qu’un joueur de hockey peut arriver à faire avec un bon coach et beaucoup de détermination en quelques semaines.  Alors pourquoi tenter des quadruples qu’on peut manquer quand un beau triple et trois quatre mouvements de danse valent le même pointage?  Un fou dans’une poche!

Je ne parle pas ici de Johnny Weir, flamboyant patineur américain friand de paillettes ayant la PETA à ses trousses pour cause d’abus de vison.  Un patineur comme Weir n’a rien à faire de la nouvelle grille accordant plus d’importance à l’expression artistique, aux enchaînements de pas et autres arabesque au détriment des sauts.  Il aurait rampé sur la glace en corset sous l’ancienne grille, j’en suis certaine.

Ma déception vient plutôt de patineursOù Lady Gaga rencontre Brian Orser... comme le vice champion olympique Evgeni Plushenko, premier patineur à combiner un quadruple à deux triples sauts en compétition.  Un vrai patineur technique, de la grande tradition russe.  Fort, puissant, innovateur.  Ce même Evgeni qui n’a obtenu qu’un deuxième place aux Jeux qui devaient être les siens.  En exécutant un quadruple saut lui valant un pointage risible, laissant l’or à l’américain Lysacek, limité à quelques « payants » triples sauts…

Bon, bon, une 2e place, et des critiques de Claude Mailhot…